Sabio Tarot · Jeux et systèmes
Commencer le tarot avec les majeurs ou le jeu complet ?
Vingt-deux cartes semblent plus faciles à aborder que 78. Vous pouvez étudier leurs noms et leurs images sans répartir votre attention entre quatre enseignes. Mais si vous restez toujours parmi les majeurs, vous perdez une part importante du langage du jeu : les cartes numérales, les figures de cour et les nuances des situations quotidiennes. Le meilleur choix dépend de la pratique que vous voulez mener pendant les premières semaines.
Le jeu habituel associe 21 atouts et le Mat à 56 cartes d'enseignes, selon le Metropolitan Museum of Art. Le V&A décrit la même structure actuelle comme 22 majeurs et 56 mineurs. Ces deux façons de compter montrent qu'une édition limitée à 22 cartes peut être un extrait volontaire du tarot, et non un jeu complet.
Ce que l'on gagne en commençant par 22 cartes
Avec moins de cartes, il est plus facile de connaître chaque image et de comparer leurs relations. Si vous faites un tirage d'une carte par jour, vous pourrez parcourir l'ensemble du groupe en quelques semaines et constituer un petit cahier d'observations. Les noms et les figures des majeurs peuvent être plus faciles à retenir, surtout dans une édition bien illustrée.
Vous pouvez aussi étudier l'histoire des images : retrouvez le Mat, le Chariot, la Justice ou le Monde dans deux jeux et décrivez ce qui change. Cela ne demande pas de croire que chaque arcane a possédé une signification unique depuis le XVe siècle. Le Met rappelle que les cartes sont nées dans un contexte de jeu ; les interprétations actuelles appartiennent à des couches plus tardives.
La limite apparaît quand une lecture n'est composée que de grands thèmes. Si vous vous demandez comment préparer une conversation précise, les nuances d'enseigne, de nombre et de figure peuvent vous manquer lorsque vous retirez les 56 mineurs. Ce n'est pas un défaut des majeurs, mais la conséquence d'un vocabulaire réduit.
Ce que les 78 cartes apportent dès le début
Les cartes des enseignes permettent d'explorer des différences entre sentiments, action, pensée et ressources, si tel est le cadre de votre manuel. Les cartes numérales invitent à comparer des séries ; les figures de cour proposent des fonctions ou des attitudes. Dans un tirage mêlant majeurs et mineurs, vous pouvez relier un sujet général à une situation plus précise sans supposer qu'un majeur « pèse toujours plus » mécaniquement.
En contrepartie, il y a davantage à assimiler. Essayer de mémoriser 78 définitions en une semaine donne souvent des réponses rigides. Utiliser le jeu complet ne vous oblige pas à tout connaître avant de tirer votre première carte. Vous pouvez décrire l'image, consulter une source compatible et noter ce que vous avez observé.
Un passage en quatre semaines
Semaine 1 : choisissez six majeurs que vous pouvez comparer visuellement. Pour chaque séance, posez une question délimitée, puis notez titre, détail visible, position et hypothèse. Ne transformez pas une carte isolée en prédiction.
Semaine 2 : ajoutez les quatre As. Demandez-vous ce qui change lorsque vous passez d'une image majeure à quatre débuts d'enseigne. Si votre jeu est un Marseille, décrivez les symboles et leur disposition ; s'il s'agit d'un Rider-Waite-Smith, ajoutez les détails des scènes effectivement présents.
Semaine 3 : prenez le même nombre — par exemple le trois — dans les quatre enseignes. Comparez-les sans réciter de listes : qu'est-ce qui demeure avec le nombre, qu'est-ce qui change selon l'enseigne et quel détail contredit une règle trop facile ?
Semaine 4 : ajoutez une figure de cour par enseigne et réalisez des tirages de trois positions décidées avant de mélanger. Comparez alors le mélange de majeurs et de mineurs. Cette progression ne promet pas de maîtriser rapidement le tarot ; elle aide à repérer ce que vous devez encore étudier.
Quel format acheter ?
Un jeu de 22 cartes peut suffire si votre premier objectif est d'étudier les images des atouts ou de faire de courts exercices centrés sur eux. Si vous souhaitez suivre un manuel sur les enseignes, les figures de cour et les associations, il vous faudra les 78 cartes — ou accepter de ne pratiquer qu'une partie du programme. Consultez la table des matières avant d'acheter : un long chapitre sur les mineurs ne peut pas être mis en pratique avec une boîte de majeurs.
L'édition compte autant que le nombre de cartes. Vingt-deux cartes illisibles ou un livre décrivant un autre jeu peuvent rendre l'apprentissage plus difficile qu'un jeu complet doté d'un bon guide. Regardez quatre cartes en exemple, leurs dimensions et la correspondance des images avec le manuel.
Pour choisir, voyez comment choisir son premier jeu et la différence entre arcanes majeurs et mineurs. Si vous possédez déjà un jeu complet, vous pouvez simplement mettre les mineurs de côté au début, puis les réintroduire progressivement.
Un exemple de tirage montre ce qui manque
Question : « Que dois-je préparer avant de présenter mon idée ? » Positions : « thème central », « détail à vérifier » et « prochaine étape ». Si vous travaillez seulement avec les majeurs, trois images de processus généraux — initiative, examen, changement — peuvent apparaître, et vous devrez les préciser par des questions extérieures aux cartes. Avec les mineurs, une carte d'enseigne en deuxième position pourra suggérer d'examiner une conversation, une ressource ou une suite d'actions. Aucun jeu ne fournit à lui seul les données du projet, mais les 78 positions offrent davantage de points de comparaison.
Il ne faut pas non plus assimiler automatiquement « majeur » à « plus important ». Dans une consultation précise, un mineur placé à « détail à vérifier » peut être justement la carte qui organise l'action. Le mot « majeur » classe les cartes du jeu ; il ne commande ni d'ignorer leur position ni de consacrer mécaniquement plus d'explications à chaque apparition.
Le problème des mots-clés appris seuls
Avec 22 cartes, la liste semble accessible : « Magicien = initiative », « Justice = équilibre », « Chariot = avancée ». Si vous vous arrêtez là, un tirage de trois majeurs peut n'être qu'une addition de noms abstraits sans lien. Le vrai avantage du groupe réduit est de pouvoir prendre le temps de décrire l'image, comparer les positions et construire une phrase répondant à la question. Un seul majeur bien lu peut vous apprendre davantage que 22 fiches limitées à un mot par carte.
Lorsque vous ajoutez les mineurs, gardez la même discipline. N'essayez pas de compenser leur nombre par la vitesse. Choisissez les quatre As et comparez la façon dont votre édition représente chaque enseigne. Prenez ensuite un même nombre dans les quatre enseignes. Ajoutez enfin des figures de cour, qui peuvent renvoyer à une personne, une attitude ou un rôle selon la question. Cette progression repose sur les relations, pas sur une course pour terminer 78 fiches.
Savoir quand passer au jeu complet
Vous n'avez pas besoin d'un examen de significations. Faites un tirage de deux majeurs et expliquez par écrit : la question, la position de chaque carte, deux détails visibles, une hypothèse et la limite de votre conclusion. Si vous y parvenez sans revenir à un mot automatique, ajoutez un mineur et recommencez. Si le mineur vous bloque, consacrez quelques jours à une seule enseigne et comparez des cartes voisines.
La qualité de vos notes est un autre indice. Si vous pouvez les relire et comprendre pourquoi vous aviez proposé une interprétation, la méthode fonctionne. Si vous avez seulement écrit « tout va changer » sans pouvoir retrouver la question qui vous a conduit à cette phrase, travaillez plutôt la précision de votre journal que l'achat de nouvelles cartes.
Passer de 22 à 78 cartes, ce n'est pas abandonner les majeurs. C'est élargir le vocabulaire de la lecture tout en conservant une habitude : observer, poser des questions, établir des liens et ne pas promettre ce que l'image ne peut démontrer.
Sources consultées
- Tim Husband, « Before Fortune-Telling », Metropolitan Museum of Art. Consulté le 26-09-2026.
- « A history of tarot cards », Victoria and Albert Museum. Consulté le 26-09-2026.